De janvier à juin 2009 se tiennent les états généraux de la bioéthique. Seront-ils à la hauteur des enjeux ?
Dominique Thouvenin
«États généraux de la bioéthique : la parole aux citoyens » : c'est en ces termes que le site science.gouv.fr présente leur tenue en 2009, « car les questions de bioéthique doivent dépasser le débat d'expert et s'ouvrir sur la société ». Mais que peut-on en attendre ?
Le terme « bioéthique » semble être né au début des années 1970 aux États-Unis, lorsque les National Institutes of Health, chargés de répartir les subventions de la recherche biomédicale, mirent au point un système d'examen des conditions éthiques des essais sur l'homme, auquel ils faisaient courir des risques. En effet, tant aux États-Unis qu'en Europe, ils étaient conduits par des médecins sur des personnes malades, non pas pour les soigner, mais pour accroître les connaissances biomédicales dans une finalité thérapeutique générale. Puis, d'autres risques furent identifiés : pour soigner certains malades, la biomédecine nécessite de prélever des tissus ou des organes sur d'autres personnes que celles qui en ont besoin ; elle agit sur les mécanismes de la vie ; à partir d'une trace corporelle (salive, cheveu), elle offre la possibilité d'établir le génome d'une personne et d'accéder à son intimité. Ainsi, le terme « bioéthique » recouvre des questions très diverses, caractérisées par des intérêts contradictoires et des valeurs multiples.
En France, pour cette raison fut créé, en 1983, le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé, avec pour mission « de donner des avis sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé ». Parce que le comité abordait les questions d'un point de vue moral, il était tentant de penser que ces nouvelles pratiques pourraient être organisées par des principes éthiques, le comité fixant les choix et les règles...