Parmi les philosophes de l’âge moderne, Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) est sans doute le plus présent aujourd’hui : les ordinateurs, les réseaux informatiques, la mathématisation de la logique, sont autant de réalisations imprégnées d’un fort esprit leibnizien. Par le biais de parcours pas toujours évidents ni linéaires, Leibniz a influencé de manière déterminante la pensée et la mentalité contemporaines.
Car notre homme ne s’est pas intéressé qu’à la philosophie. Il a mené des recherches dans des domaines aussi variés que les mathématiques (il fut avec Newton l’inventeur du calcul infinitésimal), la physique, la géologie, le droit, l’histoire, la médecine et d’autres encore. Leibniz savait aussi résoudre les problèmes pratiques : il fut actif en politique et conseiller à la Cour. Il conçut de nouveaux types de voitures et des systèmes de drainage de l’eau pour les mines du Harz. Il tenta, avec succès, de produire du phosphore. Il organisa la vente de calendriers pour financer l’activité de l’Académie des sciences de Berlin (dont il fut le fondateur) et il envisagea d’organiser la culture de vers à soie dans le même but. Il conçut l’une des premières machines à calculer capable d’exécuter les quatre opérations élémentaires.
Nous focaliserons notre attention sur trois aspects fondamentaux de son activité d’homme de sciences : la logique, les mathématiques et la physique (la dynamique). Nous présenterons en outre ses recherches en géologie, que Leibniz intégrait dans une histoire générale de la nature. Enfin, nous montrerons le lien intrinsèque qui unit science et philosophie dans la pensée leibnizienne : la célèbre théorie des monades, ou monadologie, selon laquelle la cohésion des corps est due aux « monades », des substances immatérielles et indivisibles, reste incompréhensible si elle n’est pas associée à la dynamique leibnizienne, avec son concept...