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Les Génies de la science N°37 - novembre - janvier 2008

dossier - Histoire des neurosciences

La preuve par l'image

L'image – dessin, photographie, œuvres d'art – tient une place centrale dans l'œuvre de Charcot. Comment comprendre l'insertion de ce travail iconographique dans son œuvre médicale ?
Jean-Claude Dupont
Charcot examinait ses malades nus. En 1888, lors d'une leçon du mardi, il déclare :

En réalité, Messieurs, nous autres médecins, nous devrions connaître le nu aussi bien et même mieux que les peintres ne le connaissent. Un défaut de dessin chez le peintre et le sculpteur, c'est grave, sans doute, au point de vue de l'art, mais en somme cela n'a pas, au point de vue pratique, des conséquences majeures. Mais que diriez-vous d'un médecin ou d'un chirurgien qui prendrait, ainsi que cela arrive trop souvent, une saillie, un relief normal pour une déformation et inversement ? Pardonnez-moi cette digression, qui suffira peut-être pour faire ressortir une fois de plus la nécessité pour le médecin comme pour le chirurgien d'attacher une grande importance à l'étude médico-chirurgicale du nu.

L'intérêt de Charcot pour le nu resta purement pragmatique. Néanmoins, il voyait dans le dessin et la photographie bien plus que deux modes d'expression du nu à visée didactique : ces deux techniques artistiques le conduisirent à une lecture particulière de l'histoire de l'art et à un usage bien particulier de l'œuvre artistique, au service de la médecine.

Les biographes de Charcot soulignent son goût pour l'art et son authentique culture artistique. Doué pour le dessin, le jeune Charcot se rêve un moment peintre… Son éducation artistique commence dans les années 1850, lors de son voyage dans le Sud de la France et en Italie avec la famille du banquier Achille Fould.

D'après Henri Meige, un de ses élèves qui deviendra professeur aux Beaux-arts, l'art est d'abord pour Charcot un divertissement : caricatures, paysages, reproduction d'œuvres d'art au cours de ses voyages dans toute l'Europe… Ce goût pour la caricature lui permettra de devenir le chercheur génial du symptôme que l'on connaît : « La faculté de discerner dans un paysage ou sur le corps...

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© Bibliothèque Charcot

La laboratoire photographique de plein air d’Albert Londe, à la Salpêtrière.

L'auteur

Jean-Claude Dupont est docteur en pharmacie, en biochimie et en histoire des sciences, et maître de conférence en histoire des sciences et philosophie des sciences à l'Université de Picardie et chercheur associé à l'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IPHST)

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© Charcot et Richer dans Les difformes et les malades dans l’art.
L’hémispasme glosso-labié hystérique, relaté par Charcot et Richer dans Les difformes et les malades dans l’art.
               

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