En 1543, la vision du monde aristotélicien centré sur la Terre et sur l'Homme est remise en question : bravant la critique théologique, Copernic affirme, dans son De Revolutionibus, que la Terre tourne autour du Soleil.
Michel Blay
Au temps de Louis XIV (1638-1715) et du Vicomte de Bragelonne, fils d'Athos, alors que la cour « gravitait », comme il convenait, autour de sa magnificence le Roi Soleil, rares étaient ceux qui s'intéressaient aux lois de la gravitation, qui savaient que le lever et le coucher du Soleil résultaient de la rotation de la Terre et non du mouvement du Soleil. Pourtant, deux rois et deux régences auparavant, en 1610, quelques semaines avant l'assassinat d'Henri IV, le 14 mai par Ravaillac, Galilée avait publié à Venise un texte magnifique,
Le messager céleste. Il y décrivait ses observations du ciel prises de son toit avec sa nouvelle lunette : celles-ci étaient en faveur du système héliocentrique de Copernic.
Ainsi, au tournant du xvie siècle, un nouveau monde est rêvé, pensé, dessiné, construit, bien différent de celui des Anciens : le géocentrisme est abandonné au profit de l'héliocentrisme, la cosmologie finie et hiérarchisée d'Aristote est abandonnée, le mouvement rectiligne supplante le mouvement circulaire ; une nouvelle rationalité se met en place où mécanique et mathématiques ont une place prépondérante.
La publication en 1687 à Londres, par Isaac Newton, des Philosophiae Naturalis Principia Mathematica est l'aboutissement des réflexions du xviie siècle. L'organisation déductive et l'introduction du concept de gravitation universelle y posent les bases d'une nouvelle compréhension du monde. Néanmoins, Newton ne pense pas le monde nouveau tout seul : il s'appuie sur les multiples recherches et résultats de la première moitié du xviie siècle. Ces jalons permettent de comprendre les choix et les décisions métaphysiques, par lesquels notre monde, dans ce siècle de...