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Les Génies de la science N°37 - novembre - janvier 2008

dossier - Histoire des neurosciences

L'Hospice de la Vieillesse-Femmes

Dès son arrivée à la Salpêtrière, en 1862, Charcot y voit le terrain de recherche idéal : un creuset de maladies. Il développe une méthodologie efficace fondée sur l'observation, l'histopathologie et l'analogie.
Jean-Claude Dupont
Ce grand asile renferme une population de 5 000 personnes, parmi lesquelles figure un grand nombre sous le titre d'incurables admises à vie, des sujets de tout âge affectés de maladies chroniques de tout genre, de celles en particulier qui ont pour siège le système nerveux […]. Les types cliniques s'offrent à l'observation, représentés par de nombreux exemplaires qui permettent de considérer l'affection du même coup d'une façon pour ainsi dire permanente, car les vides qui se font avec le temps, dans telles ou telles catégories, sont bientôt comblés. Nous sommes […] en possession d'une sorte de musée pathologique vivant dont les ressources sont considérables. À la vérité, les premiers débuts du mal nous échappent souvent ; mais par compensation, il nous est permis de rechercher, par l'ouverture du corps, les lésions correspondant aux symptômes longuement et minutieusement étudiés pendant la vie.

Voilà comment Charcot décrira la Salpêtrière en 1882, lors de son discours inaugural à la chaire de neurologie. Pourtant, à son arrivée en 1862 en tant que médecin, l'Hôpital de la Salpêtrière, ou plutôt l'« Hospice de la Vieillesse-Femmes », jouit d'une médiocre réputation : celle de vaste hospice et d'asile du Sud de Paris, dont le vieillissement de la population et la situation économique désastreuse ont rendu l'activité nécessaire. Charcot connaît déjà l'endroit, mais passe encore plusieurs semaines à visiter les services des immenses bâtisses. L'hôpital est un lieu historique, une ville dans la ville avec son église, ses places. Le jeune médecin saisit immédiatement l'extraordinaire champ d'investigation dont il dispose désormais. Les 200 malades dont il a la charge sont pour plus de la moitié des septuagénaires, sur lesquelles des observations tout au long de la maladie sont possibles : cela ne fait aucun doute, il doit...

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© Archives de l’AP-HP

La Salpêtrière dans les années 1860.

L'auteur

Jean-Claude Dupont est docteur en pharmacie, en biochimie et en histoire des sciences, et maître de conférence en histoire des sciences et philosophie des sciences à l'Université de Picardie et chercheur associé à l'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IPHST).

Compléments

Les affection associées au nom de Charcot.

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© bibliothèque Charcot
Des mains atteintes de rhumatisme articulaire chronique. Planche issue de Maladie des vieillards.
               

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