En 1673, Christiaan Huygens, dans son Horologium oscillatorium, réorganise les études sur le mouvement, et grâce aux propriétés de la cycloïde, perfectionne le pendule des horloges.
Michel Blay
En 1666, Colbert, agissant au nom du roi Louis XIV, choisit les premiers membres et élèves destinés à former l'Académie Royale des Sciences. Le 22 décembre 1666 se tient, à la bibliothèque du roi, siège de l'Académie, la première séance officielle.
Il est prévu que les académiciens se réuniront deux fois par semaine pour favoriser les échanges de connaissances (l'interdisciplinarité, déjà !). Des étrangers tel Huygens sont accueillis à ces réunions, ainsi qu'à l'Observatoire de Paris. En outre, l'Académie doit développer une politique de recherche utilitaire liée à la politique militaire et aux grands travaux du Roi, mais susceptible de stimuler des études théoriques. Cette double vocation encouragée par Colbert, puis par Louvois et Pontchartrin, permet à l'Académie de devenir pour un temps le centre intellectuel de l'Europe à la fin du xviie siècle, et à la France de connaître au xviiie siècle une réussite scientifique exceptionnelle. La révocation de l'Édit de Nantes, en 1685, freinera quelques années l'essor français en provoquant le départ de nombreux savants et intellectuels.
Christiaan Huygens (1629-1695), issu d'une des grandes familles protestantes des Provinces-Unies, a noué, depuis 1660, des liens avec divers savants français. Très apprécié pour ses compétences, il est appelé à Paris en 1666 pour jouer un rôle moteur dans la nouvelle Académie des sciences. Si son action ne fut peut-être pas exactement à la hauteur des espoirs placés en lui – espoirs encouragés par des faveurs : un logement rue de Vivienne près de l'hôtel de Colbert et un traitement supérieur à celui des autres académiciens –, sa présence, ses compétences diverses et son activité contribuèrent à faire de Paris l'un des principaux pôles de la recherche scientifique du...