Hélène appuie sur la pédale de l'embrayage, son pied glisse, sa cheville se tord. Au début, elle pense que ce n'est qu'une petite entorse, que ça passera, mais la douleur ne disparaît pas. Bien au contraire, elle s'intensifie. Au moindre contact, elle ressent des décharges électriques dans la jambe.
La douleur chronique d'Hélène diffère de la douleur aiguë. La douleur aiguë est une sensation corporelle intense, un signal d'alarme qui nous évite de nous blesser davantage. Lors d'une blessure, des signaux nerveux sont transmis jusqu'au cerveau qui les interprète comme des signes de douleur. Mais imaginez une douleur qui ne s'arrête jamais, même après guérison, et où le moindre contact devient insupportable.
La souffrance chronique est due à un dérèglement des circuits de la douleur, qui déclenchent en permanence une fausse alerte, dite neuropathique, due à un dysfonctionnement des nerfs. Lorsque les signaux erronés atteignent le cerveau, la violente douleur qu'ils infligent est aussi réelle que celle causée lorsqu'on se blesse. Mais elle persiste et les médecins sont souvent désarmés pour la soulager.
Récemment, on a expliqué pourquoi les médicaments antidouleur classiques sont souvent inefficaces face à la douleur neuropathique. En effet, ils ne ciblent que les neurones, alors que la douleur peut être due à un dysfonctionnement des cellules non neuronales, dites gliales, localisées dans le cerveau et la moelle épinière. Les données acquises sur la façon dont leur dérèglement peut perturber l'activité neuronale offrent des perspectives de traitement de la douleur chronique.
Court-circuiter la douleur
Pour comprendre comment la douleur peut persister...