En kiosque

Pour la Science N°389 - mars 2010

synthese -

Douleur chronique : les nouveaux coupables

Les cellules gliales sont les partenaires des neurones. Elles les assistent dans leurs diverses fonctions. La douleur chronique provient d'un dérèglement du fonctionnement de ces cellules. En contrôlant leur activité, peut-être deviendra-t-il possible de soulager les douleurs chroniques.

Douglas Fields

Hélène appuie sur la pédale de l'embrayage, son pied glisse, sa cheville se tord. Au début, elle pense que ce n'est qu'une petite entorse, que ça passera, mais la douleur ne disparaît pas. Bien au contraire, elle s'intensifie. Au moindre contact, elle ressent des décharges électriques dans la jambe.

La douleur chronique d'Hélène diffère de la douleur aiguë. La douleur aiguë est une sensation corporelle intense, un signal d'alarme qui nous évite de nous blesser davantage. Lors d'une blessure, des signaux nerveux sont transmis jusqu'au cerveau qui les interprète comme des signes de douleur. Mais imaginez une douleur qui ne s'arrête jamais, même après guérison, et où le moindre contact devient insupportable.

La souffrance chronique est due à un dérèglement des circuits de la douleur, qui déclenchent en permanence une fausse alerte, dite neuropathique, due à un dysfonctionnement des nerfs. Lorsque les signaux erronés atteignent le cerveau, la violente douleur qu'ils infligent est aussi réelle que celle causée lorsqu'on se blesse. Mais elle persiste et les médecins sont souvent désarmés pour la soulager.

Récemment, on a expliqué pourquoi les médicaments antidouleur classiques sont souvent inefficaces face à la douleur neuropathique. En effet, ils ne ciblent que les neurones, alors que la douleur peut être due à un dysfonctionnement des cellules non neuronales, dites gliales, localisées dans le cerveau et la moelle épinière. Les données acquises sur la façon dont leur dérèglement peut perturber l'activité neuronale offrent des perspectives de traitement de la douleur chronique.

Court-circuiter la douleur

Pour comprendre comment la douleur peut persister...

Lire la suite de cet article

Acheter cet article    Voir les offres d'abonnements

(accès immédiat)

Vous êtes abonné ou vous avez déjà acheté cet article ? >> IDENTIFIEZ-VOUS
(formulaire en haut à droite de cette page)

Discutez cet article

Il n'y a encore aucune réaction à cet article>> Soyez le premier à réagir

>> Revenir en haut de page

© Owain Kirby/Illustration Works/Corbis

L'auteur

Douglas FIELDS dirige le Laboratoire de neurobiologie et développement le Centre de recherches sur les neurosciences à Bethesda, aux États-Unis.

Pour en savoir plus

Elisabeth Hansson, Could chronic pain and spread of pain sensation be induced and maintained by glial activation ?, Acta Physiological, vol. 187, pp. 321-327, 2006.

Marc Suter et al., Do glial cell control pain ?, Neuron Glia Biology, vol. 3, pp. 255-268, 2007.

Mark Hutchinson et al., Proinflammatory cytokines oppose opioid-induced acute and chronic analgesia, Brain, Behavior, and Immunity, vol. 22, pp. 1178-1189, 2008.

Erin Milligan et al., Pathological and protective roles of glia in chronic pain, Nature Reviews Neuroscience, vol. 10, pp. 23-36, 2009.

A lire

Cerveau, drogues et dépendances

 
Cliquer sur cette image pour l'agrandir.
Lucas Salomon
Collection : Bibliothèque scientifique
Editeur : Editions Belin
               

Archives






Newsletter

Entrez votre e-mail pour vous abonner
  

Abonnements


alt

Egalement en kiosque



Pour la Science n°395 - Du relief pour les fractales

Cerveau & Psycho n°40 - Plongez zen !

Dossiers Pour la Science n°68 - Le monde quantique
Réalisé par Ecedi.