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Les Génies de la science N°39 - mai - juillet 2009

dossier D'Alembert - Histoire de la physique Histoire de l'astronomie

10. La course aux lunettes achromatiques

Pendant la guerre de Sept Ans, un Anglais, John Dollond, met au point une lunette astronomique d'une qualité jamais atteinte. L'apprenant, Clairaut et D'Alembert se jettent dans la théorie pour percer son secret.
Fabrice Ferlin
En 1764 paraît le troisième volume des Opuscules mathématiques de D'Alembert, un gros ouvrage de 450 pages. Or, si les volumes, antérieurs et postérieurs, de cette série sont consacrés chacun à une multitude de sujets mathématiques et physiques, celui-ci ne traite que d'un seul thème : la théorie des aberrations optiques dans les lunettes astronomiques. En outre, les mémoires sont enchaînés de telle manière que l'on a, comme D'Alembert le dit lui-même, un traité continu sur la question. On peut même dire que c'est la seule œuvre scientifique de longue haleine de sa « vieillesse »… Et ceci alors qu'il n'a pratiquement jamais abordé l'optique. Notons que d'autres mémoires suivront, les publications de notre auteur sur ce sujet représentant au total plus de 900 pages imprimées. Par ailleurs, tout cet immense travail est complètement oublié aujourd'hui : qui irait citer D'Alembert pour ses recherches en optique ?

Alors, pourquoi cet intérêt soudain pour cette branche de la physique ? Et pourquoi cette partie considérable (du moins en volume) des publications de notre auteur est-elle « passée à la trappe » ?

La réponse à la première question est liée à la venue d'un Suédois en France. En 1760, Bengt Ferner, de l'Université d'Uppsala, arrive à Paris après un long passage par l'Angleterre, apportant des informations surprenantes pour les scientifiques français : un nouveau type de lunettes astronomiques, les lunettes achromatiques, est apparu en Angleterre. Immédiatement, Clairaut, le grand concurrent de D'Alembert, se passionne pour la question. Pourquoi cet engouement pour ce qui peut paraître une amélioration technique mineure ?

Les premières lunettes astronomiques avaient été tournées vers le ciel par Galilée, à la charnière des années 1609 et 1610. Or, pendant 150 ans, ces instruments (mais aussi les microscopes) furent affectés d'aberrations...

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John Dollond (1706-1761)

L'auteur

Fabrice Ferlin est docteur en histoire des sciences. Sa thèse, soutenue à l'Université de Lyon 1 en 2008, s'intitule Mille pages étonnantes et méconnues de D'Alembert sur les lunettes achromatiques et la vision.

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Bibliothèque de l’Observatoire de Paris
Lunette astronomique achromatique fabriquée par Peter Dollond dans les années 1770.
               

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